Festival Lumière à Lyon : de la première édition de 2009 au grand rendez-vous du cinéma de patrimoine

En octobre 2009, Lyon lançait un pari audacieux : créer un grand festival entièrement consacré au cinéma de patrimoine, dans la ville même où les frères Lumière ont inventé le cinématographe. Plus de quinze ans plus tard, le Festival Lumière est devenu l’un des rendez-vous culturels majeurs de la région Rhône-Alpes, et un modèle copié bien au-delà de nos frontières.

Une première édition fondatrice en 2009

Le festival est porté par l’Institut Lumière, installé dans la demeure familiale des Lumière, rue du Premier-Film, dans le quartier de Monplaisir. C’est là, dans le hangar de l’usine familiale, qu’a été tournée en 1895 la célèbre Sortie de l’usine Lumière, considérée comme le premier film de l’histoire. Sous l’impulsion de Thierry Frémaux et de Bertrand Tavernier, l’équipe a imaginé un festival qui ne court pas après les avant-premières, mais qui fait revivre les grands films du passé sur grand écran, dans des copies restaurées.

Pour cette première édition, le Prix Lumière a été remis à Clint Eastwood. Le ton était donné : chaque année, une grande figure du cinéma mondial vient à Lyon recevoir ce prix et présenter son œuvre au public.

Le Prix Lumière, un palmarès prestigieux

Au fil des éditions, le Prix Lumière a distingué quelques-uns des plus grands noms du septième art :

  • 2009 : Clint Eastwood
  • 2010 : Miloš Forman
  • 2011 : Gérard Depardieu
  • 2012 : Ken Loach
  • 2013 : Quentin Tarantino
  • 2014 : Pedro Almodóvar
  • 2015 : Martin Scorsese
  • 2016 : Catherine Deneuve
  • 2017 : Wong Kar-wai
  • 2018 : Jane Fonda
  • 2019 : Francis Ford Coppola
  • 2020 : Jean-Pierre et Luc Dardenne
  • 2021 : Jane Campion
  • 2022 : Tim Burton
  • 2023 : Wim Wenders
  • 2024 : Isabelle Huppert

La remise du prix, généralement organisée à l’Amphithéâtre du Centre de congrès, est l’un des temps forts de la semaine, souvent accompagnée d’hommages surprises et de discours mémorables.

Un festival qui investit toute la métropole

La force du Festival Lumière, c’est son ancrage territorial. Pendant une dizaine de jours, à la mi-octobre, les projections se déploient dans des dizaines de salles de Lyon et de la métropole : l’Institut Lumière bien sûr, mais aussi les cinémas indépendants, les multiplexes, des théâtres et même des communes de banlieue qui accueillent des séances spéciales.

Le temps fort populaire reste la soirée d’ouverture à la Halle Tony Garnier, où plusieurs milliers de spectateurs se retrouvent pour un grand classique projeté sur écran géant, en présence des invités du festival. Une ambiance unique, entre ferveur de stade et recueillement de cinéphile.

Le Marché international du film classique

Depuis 2013, le festival accueille aussi le Marché international du film classique (MIFC), le premier rendez-vous professionnel entièrement dédié au patrimoine cinématographique : ayants droit, distributeurs, laboratoires de restauration, éditeurs vidéo et plateformes s’y retrouvent pour faire vivre les films anciens dans les salles et sur les écrans d’aujourd’hui.

Un moteur économique et touristique pour la région

Au-delà de la culture, le festival est devenu un véritable atout pour l’attractivité de Lyon. Hôtels, restaurants, commerces et bouchons lyonnais profitent de l’afflux de festivaliers venus de toute la France et de l’étranger. Le festival mobilise chaque année des centaines de bénévoles, souvent des Lyonnais passionnés qui font partie de l’âme de l’événement.

Il a aussi contribué à remettre le cinéma de patrimoine à la mode : ressorties en salles, coffrets restaurés, programmations « classiques » dans les cinémas de quartier… Le public, y compris les jeunes, a redécouvert le plaisir de voir un vieux film sur grand écran.

Nos conseils pour profiter du Festival Lumière

  • Réservez tôt : la billetterie ouvre quelques semaines avant le festival et les séances avec invités partent très vite.
  • Osez les séances moins médiatisées : les rétrospectives et les films rares sont souvent les plus belles surprises.
  • Visitez le musée Lumière à Monplaisir : appareils d’origine, autochromes et premiers films, pour comprendre la naissance du cinéma.
  • Restez à l’affût des « séances surprises » : certains invités présentent un film à l’improviste dans une salle de la métropole.
  • Combinez avec la ville : la mi-octobre est une belle saison pour découvrir le Vieux-Lyon, la Croix-Rousse et les traboules.

Lyon, capitale éternelle du cinéma

Le Festival Lumière a réussi ce que peu d’événements culturels parviennent à faire : associer exigence et ferveur populaire, rayonnement international et ancrage local. Une belle illustration de ce que les régions peuvent apporter à la vie culturelle française, loin de l’idée que tout se jouerait à Paris ou à Cannes.

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